Demain j’ai oublié

Spectacle – débat tout public pour et avec des personnes souffrant de maladies neurodégénératives ( Alzheimer, maladies apparentées)

Accompagné d’un exposition photographique réalisée par VLADIMIR VASILEV
Ce projet vise à réaliser des actions innovantes ou expérimentales favorisant l’implication et la participation à la vie locale des habitants âgés, en particulier les plus vulnérables ou isolés. Fédérer et créer du lien social au cours de l’élaboration d’un spectacle avec des comédien·ne·s professionnel·le·s, des « malades », aidant·e·s et personnel médical.
Écrire, créer, répéter et représenter un spectacle avec les bénéficiaires sur scène, leurs aidants, des membres de l’équipe et des comédiens.
Parler de maladies dont souffrent plus de 850 000 personnes et qui concerne 3 millions de personnes en France (familles, aidants)
Montrer les capacités de ces personnes, qui ne sont pas que des malades, faire tomber les préjugés, la loi du silence qui règne autour des démences et qui participe à l’isolement des malades et des familles.
Christel Larrouy débute l’écriture en récoltant les paroles des malades mais aussi des aidants (famille) et du personnel médical.
Gilles Lacoste, le metteur en scène est présent au sein du groupe durant 3 heures par semaine de janvier 2019 à Juin 2019.

Exposition photographique de Vladimir Vasilev

Monsonges

Tout songe est mensonge, dit-on.

Est-ce un songe ? et mes yeux ne m’ont-ils point trompé ? se questionne Racine tout comme le spectateur, planant dans une ambiguité entre réalité et fiction. Au sein même d’un lieu de soin, où vivent soignants et soignés, chacun songe à quelque chose. Le trouble est semé entre ce qui est réel et ce qui ressort de l’illusion, telle une pièce de théâtre. Dans ces pièges à regard, se trouvent des personnages extra-ordinaires nous transportant dans un monde onirique, où les rêves viennent accomplir des désirs inouis.

Qui est l’auteur, et à quoi rêve-t-il ? Le rêveur, à l’instar de l’acteur de cinéma, vient effacer toute frontière entre la véracité et le faux-semblant, entre la raison et la folie. Tout le monde rêve.Tout ce qui appartenait au monde de l’occulte, devient alors le lieu de l’accomplissement d’un désir, si bien que chacun joue son rôle dans des films homériques.

Malgré l’étrangeté, c’est bien son auteur qui a fait le rêve, il en est le seul gardien  des songes. Décrypter le rêve, c’est aussi s’adresser au divin et au surnaturel. Tel cet ange noir tombant des loges d’un théâtre ou les mains d’un portier tenant les clefs de toutes les réponses.

Aussi, chacun est-il seul devant l’immensité de ce mystère. Ne voit-on pas une prophète retenant l’âme de sa défunte, avant de passer les portes en roses de l’au-delà ? Ou bien encore ces arbres aux cœurs fleuris, où oiseaux, peluches et papillons-ressucitent ?

Le rêveur a tous les éléments pour créer et mettre en scène son songe, même s’il n’en est pas le chef d’orchestre. Des allées et venues dans l’arrière-pays, situent le songeur devant les fenêtres de l’invisible : Qui-y-a-t-il dans ce miroir ? Le bus aurait-il oublié de s’arrêter ?

Mon rêve, mon songe, c’est ce à quoi je pense et que je sais chimérique. Il se produit sur une autre scène, celle où Eros tient le premier rôle, mais seulement par le truchement du déguisement. Ainsi, la poupée volante se transforme en mariée et s’échappe en plongeant dans un océan de roues, tandis que le goal reste piégé dans sa cage.

La vérité, captée au sein d’images aussi nettes que démêlées, figure-t-elle dans les songes ? La réponse vagabonde entre le vrai et le faux.

Les songes nous protègent peut-être de vérités inconnues. Je dis toute la vérite : pas toute, parce ce que toute la dire, on n’y arrive pas, dit le prêtre. La vérité, aussi romanesque soit-elle, reste incontournable. On peut l’approcher, la cerner, sans jamais cesser de la rater, d’où impasses et surtout mensonges. Le ment-songe, est non pas vérité fausse, comme pouvait l’annonçait le Lord aux hommes pendant leur sommeil en poussant leur lit, mais vérité menteuse, jouée par tous les aidants-aidés, acteurs du théatre de la déambulation.

Monsonges fait entendre autre chose. A chacun de deviner son mirage.

Géraldine Casinos, psychologue

Partenaires

En partenariat avec le SIVOM et la Halte Répit de Rieux Volvestre

Presse